Concepts
J'aime

Quand exercer les options d’achat pour encaisser le dividende?

Alan Grigoletto
10 août, 2016
1037 Lectures
0 Commentaires
Lecture en 12 minutes
Quand exercer les options d’achat pour encaisser le dividende?

Avant d’entrer dans ces considérations, il nous faut d’abord comprendre la mécanique des options d’achat et des dividendes. Les dividendes sont des paiements versés par une société aux actionnaires inscrits aux registres. Ces paiements peuvent être réguliers, prévisibles, variables, voire ponctuels. Dans certains secteurs, comme ceux du transport pétrolier ou des sociétés minières, les dividendes versés sont très variables et reposent sur la rentabilité, alors que dans d’autres secteurs ils sont non récurrents.

Les détenteurs d’options doivent accorder une attention particulière à la date de déclaration du dividende, date à laquelle le conseil d’administration annonce publiquement le moment où le dividende sera versé. Cette date doit servir de préavis aux détenteurs d’options pour analyser les coûts, les avantages et les risques liés à l’exercice. La date ex-dividende correspond au premier jour où le sous-jacent est négocié sans le dividende annoncé. C’est pourquoi le détenteur d’une option d’achat en position acheteur doit exercer cette option un jour avant cette date afin d’encaisser le dividende.

Il est également essentiel pour le détenteur de comprendre les droits inhérents à la position acheteur sur une option d’achat. Les options peuvent être de type américain ou européen. Les options de type européen ne peuvent être exercées qu’à l’échéance et, par conséquent, l’assignation du vendeur de l’option ne peut avoir lieu avant la date d’échéance.

Les options de type américain peuvent être exercées par le détenteur en tout temps avant l’échéance et l’assignation du vendeur peut avoir lieu en tout temps avant la date d’échéance. Les vendeurs d’options d’achat paient le dividende lorsque leur assignation a lieu avant la date ex dividende. Toutes les options sur actions sont de type américain, de sorte que le reste de la discussion portera sur ce type d’option. Il est à noter que la populaire option SXO porte sur un indice, le S&P TSX 60, alors elle est de type européen.

La valeur d’une option d’achat peut se résumer comme suit :

Valeur totale de l’option = Valeur intrinsèque + Valeur temps

 

La valeur temps est influencée par les taux d’intérêt, la volatilité et le dividende.

La hausse de la valeur intrinsèque, des taux d’intérêt ou de la volatilité contribue à l’augmentation de la valeur de l’option d’achat. La valeur temps correspond à la différence entre la prime de l’option et sa valeur intrinsèque. Une augmentation des dividendes a l’effet inverse en ce qu’elle entraîne la diminution de la valeur de l’option d’achat. Il est en effet plus intéressant de détenir l’action sous-jacente que l’option d’achat, puisque seuls les actionnaires ont droit au dividende.

La décision d’exercer ou non une option doit tenir compte de l’ensemble des avantages et des coûts. L’investisseur doit donc pousser ses recherches. Examinons les facteurs qui aident un investisseur à prendre la bonne décision.

L’une des variables clés à considérer est le fait que la valeur de l’action sous-jacente diminue du montant du dividende à la date de détachement. Supposons que le dividende soit de 30 cents. Vous pouvez vous attendre à ce que la valeur de l’action sous-jacente diminue de ce montant. Il existe alors un incitatif manifeste à exercer l’option pour éviter d’avoir à subir une perte nette de 30 cents, puisque le produit du dividende (30 cents) compenserait la chute du cours de l’action sous-jacente. Cette décision serait facile à prendre si ce n’était du fait que la prime de l’option est susceptible d’être supérieure à sa valeur intrinsèque. La valeur temps serait perdue à l’exercice.

 

Prenons l’exemple suivant :

• l’action XYZ se négocie à 50,50 $; • l’achat de 1 option d’achat XYZ 50 coûte 1,00 $; • le dividende est de 15 cents.

La prime de l’option d’achat en position acheteur est supérieure de 50 cents à sa valeur intrinsèque; l’exercice de l’option d’achat et la perception du dividende entraîneront donc un gain de 15 cents, le prix de l’action diminuera de 15 cents et la prime perdue du fait de l’exercice de l’option d’achat sera de 50 cents. Il ne s’agit manifestement pas du meilleur moment pour exercer l’option!

Le moment tout indiqué pour exercer l’option d’achat est lorsqu’elle est à parité, puisqu’il n’y a alors aucune perte due à la renonciation à la valeur temps. Une manière simple de vérifier si une option d’achat est à parité est de vérifier l’option de vente correspondante; elle ne devrait avoir aucune valeur ou, du moins, aucun cours vendeur.

 

Voici un autre exemple :
• l’action XYZ se négocie à 50,50 $; • l’achat de 1 option XYZ 40 coûte 10,50 $; • le cours vendeur de l’option de vente XYZ 40 est de 0 $;
• le dividende est de 15 cents.

L’investisseur qui exerce l’option évite une perte de 15 cents associée à la chute du cours de l’action sans sacrifier le montant de la prime excédentaire.

Bien que nous ayons examiné l’aspect mathématique, nous n’avons pas encore pris en compte les coûts additionnels associés à l’exercice. Lorsque vous exercez une option d’achat, vous payez une commission et prenez une position acheteur sur l’action. Mais la propriété de cette action comporte un coût de possession que vous êtes tenu de payer comptant ou sur marge. L’investisseur qui ne dispose pas des fonds pour recourir à l’une de ces deux solutions peut vendre l’option d’achat et liquider la position. Par ailleurs, le fait de détenir une position acheteur sur l’action signifie que vous ne détenez plus de position acheteur sur option d’achat présentant un risque limité et avez changé votre profil de risque en exerçant l’option.

Voici quelques lignes directrices simples à prendre en compte lorsque vous envisagez l’exercice de l’option.

1. L’investisseur a l’intention de posséder l’action sous-jacente.
2. L’option d’achat est « à parité », n’a aucune valeur temps et a un delta qui avoisine 1,00 , c’est-à-dire qu’elle suit de près le mouvement du cours de l’action. (Cette position acheteur correspond presque à une position acheteur sur l’action et vous feriez donc aussi bien de chercher à encaisser le dividende.)
3. Le produit du dividende est supérieur à la valeur associée à la possession de l’option (risque limité) ou au choix d’exercer à une date ultérieure.
4. Le dividende est supérieur au coût d’exercice, majoré de l’ensemble des commissions et des coûts de possession.
5. L’action sous-jacente n’est pas volatile et l’écart entre le cours acheteur et le cours vendeur est faible, ce qui donne à l’actionnaire le choix de dénouer sa position en vendant l’action (à l’issue de l’exercice) sans subir un de risque de marché supplémentaire.

À l’inverse, l’option ne devrait pas être exercée lorsque :

1. le détenteur de l’option ne cherche pas à posséder l’action;
2. la valeur temps de l’option est supérieure au montant du dividende. La renonciation à la valeur temps, les commissions associées, les coûts de possession et les risques liés au fait de détenir une position acheteur uniquement sur l’action sont supérieurs au produit du dividende;
3. l’investisseur ne dispose pas des fonds nécessaires pour acheter l’action;
4. l’action sous-jacente est volatile et susceptible d’exposer l’actionnaire à un risque accru d’un écart important entre le cours acheteur et le cours vendeur du sous-jacent, ce qui augmente le coût total de l’exercice;
5. le risque de baisse du cours de l’action achetée est plus important que le risque limité de l’option d’achat.

Enfin, le taux d’imposition des dividendes est généralement inférieur à celui des revenus d’intérêts. Le crédit d’impôt fédéral pour dividendes ainsi que tout crédit d’impôt provincial sont susceptibles de procurer des avantages supplémentaires à l’investisseur canadien et doivent également être pris en compte dans le calcul de l’exercice. Pour obtenir de plus amples renseignements sur la fiscalité des options, veuillez vous reporter au Régime fiscal des options sur actions de la Bourse de Montréal.

 

Alan Grigoletto, consultant et fournisseur de contenu, Bourse de Montréal.

Alan Grigoletto
Alan Grigoletto

CEO

Grigoletto Financial Consulting

Alan Grigoletto est le chef de la direction de la société Grigoletto Financial Consulting. Il est expert du développement des affaires auprès de particuliers et de groupes financiers d’élite. Il est l’auteur de plusieurs articles sur des questions financières d’intérêt pour les bourses canadiennes, les courtiers en placement et les communautés de conseillers en plus d’avoir écrit et publié du matériel éducatif destiné à des auditoires américains, italiens et canadiens. Il a déjà été vice-président de la société Options Clearing Corporation et responsable de la formation de The Options Industry Council (OIC). Avant son passage à l’OIC, M. Grigoletto a été vice-président principal du développement des affaires et du marketing à la Boston Options Exchange (BOX). Auparavant, il avait été associé fondateur de la société de conseils en placement de Chicago, Analytic Capital Management. Il compte plus de 35 années d’expérience dans les opérations boursières et les placements en tant que teneur de marché d’options, spécialiste des marchés boursiers, négociateur institutionnel, gestionnaire de portefeuille et éducateur. M. Grigoletto a précédemment été gestionnaire de portefeuille pour les portefeuilles S&P 500 et MidCap 400 de Hull Transaction Services, un fonds d’arbitrage neutre. Il possède un savoir-faire considérable dans la gestion du risque de portefeuille ainsi que de fortes capacités analytiques pour tout ce qui touche les actions et les instruments dérivés des actions (produits dérivés). M. Grigoletto est titulaire d’un diplôme en finances de l’Université de Miami et a été président du Conseil du STA Derivatives Committee. Par ailleurs, il est membre du comité directeur de la Futures Industry Association et il est régulièrement invité à titre de conférencier dans des universités, ainsi que par la Securities Exchange Commission, la CFTC, la US House Financial Services Committee et l’IRS.

14 articles
0 commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *