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Le stellage élargi de couverture : une stratégie de revenu et de placement

Alan Grigoletto
29 juillet, 2016
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Le stellage élargi de couverture : une stratégie de revenu et de placement

Les investisseurs canadiens qui recherchent une stratégie d’options sur indice ou d’options sur une action en particulier devraient envisager le stellage élargi de couverture. Celui-ci peut servir à accroître le rendement et procure un moyen stratégique pour entrer ou sortir de positions existantes. Comme avec toute autre stratégie d’options, certains compromis sont nécessaires, et le stellage élargi de couverture comporte également certains risques.

Aussi connu sous le nom de combinaison couverte, le stellage élargi de couverture est une stratégie composée de deux parties, soit la vente d’une option d’achat combinée à la vente d’une option de vente couverte au comptant et l’achat de l’action sous-jacente. Une autre façon de voir cette stratégie est comme une position sur option d’achat couverte avec option de vente vendue à un prix d’exercice inférieur au cours de l’action. Le coût intégral d’achat de 100 actions additionnelles (soit le prix d’exercice de l’option de vente vendue x 100) est déposé dans le compte de titres de l’investisseur (couverture au comptant).

Cette stratégie peut servir plusieurs objectifs. Le plus évident consiste à tirer profit de l’érosion du temps et, par conséquent, du revenu découlant la vente à l’échéance de deux positions sur options d’un titre qui se négocie dans une fourchette serrée. Le stellage élargi de couverture peut aussi être considéré comme un véhicule efficace de gestion de portefeuille ou d’opérations. La vente de l’option d’achat peut se faire à un prix d’exercice qui correspond au niveau de profit recherché ou au prix de vente du chartiste, dans les délais de vente de l’action ou des actions sous-jacentes établis par l’investisseur. Considérée en elle-même, l’option de vente en position vendeur donne le prix qui répond à l’objectif de l’investisseur d’obtenir des actions additionnelles à un prix conforme au seuil d’acquisition du chartiste ou au seuil de prix de l’analyse fondamentale basé sur le ratio cours/bénéfice, le ratio cours/dividende ou d’autres facteurs.

 

Voyons l’exemple ci-dessous :

L’investisseur est actuellement en position acheteur de 100 actions ou fera l’acquisition de l’action XYZ à 30 $ CA dans l’optique que son cours est évalué à sa juste valeur sur le marché actuel. L’investisseur croit que le cours n’augmentera pas à 35 $ CA au cours des 3 prochains mois. Par conséquent, il vend une option d’achat à 35 $ CA pour 90 cents. La vente de l’option d’achat oblige le vendeur à vendre n’importe quand avant l’échéance au prix de 35 $ CA. Au même moment, l’investisseur considère l’émetteur de XYZ comme une société viable et désire acquérir des actions additionnelles au prix de 25 $ CA. Au cours de la même période de trois mois, l’investisseur vend une option de vente à 25 $ CA pour 60 cents. La vente de l’option de vente oblige le vendeur à acheter l’action au prix d’exercice de 25 $ CA n’importe quand avant l’échéance. Notons que si le vendeur de l’option de vente se voit assigné au cours actuel de l’action, ce sera à 24,40 $ pour compenser la prime de la vente perçue à 60 cents. Par ailleurs, l’investisseur garde à l’échéance les 90 cents reçus par la vente de l’option d’achat, ce qui diminue encore le prix d’achat des actions additionnelles à 23,50 $ CA.

Comme mentionné plus haut, cette stratégie n’est pas sans risque. Le cours de l’action pourrait chuter rapidement sous le prix d’exercice et le seuil de rentabilité des deux primes perçues sur les options, laissant l’investisseur en position longue nette quant aux 100 premières actions, en plus d’assumer les pertes de la vente de l’option de vente ou des 100 actions additionnelles s’il est assigné.

Tout investisseur averti devrait avoir un plan d’action advenant qu’il ne souhaite pas devoir dénouer à perte l’acquisition des actions initiales, ou qu’il soit assigné sur la vente de l’option de vente. Rappelons que les options peuvent être liquidées à tout moment avant l’échéance. Ainsi, l’investisseur peut choisir de rajuster les prix d’exercice ou la date d’échéance du stellage élargi de couverture. De plus, si l’investisseur souhaite être assigné sur la vente de l’option de vente, il peut utiliser un deuxième stellage élargi de couverture sur les 100 actions additionnelles.

 

GAIN MAXIMAL

Prix d’exercice de l’option d’achat – prix d’achat de l’action + prime nette reçue
Le gain maximal a lieu si le cours de l’action correspond au prix d’exercice de l’option d’achat à l’échéance.

 

PERTE MAXIMALE

Prix d’achat de l’action + prix d’exercice de l’option de vente – prime nette reçue
La perte maximale survient si l’action est sans valeur.

 

En raison de son risque inhérent de double position acheteur, cette stratégie gagne à être utilisée seulement si l’investisseur perçoit les actions ou les indices comme étant moins risqués à long terme. L’intention de l’investisseur doit être de détenir les actions aux cours inférieurs et d’être enclin à disposer des liquidités pour ce faire.
Une dernière remarque : Les REER et autres comptes enregistrés n’acceptent pas la vente d’options de vente couverte. Nous parlerons de stratégies d’option admissibles aux REER dans un prochain article.

Alan Grigoletto
Alan Grigoletto

CEO

Grigoletto Financial Consulting

Alan Grigoletto est le chef de la direction de la société Grigoletto Financial Consulting. Il est expert du développement des affaires auprès de particuliers et de groupes financiers d’élite. Il est l’auteur de plusieurs articles sur des questions financières d’intérêt pour les bourses canadiennes, les courtiers en placement et les communautés de conseillers en plus d’avoir écrit et publié du matériel éducatif destiné à des auditoires américains, italiens et canadiens. Il a déjà été vice-président de la société Options Clearing Corporation et responsable de la formation de The Options Industry Council (OIC). Avant son passage à l’OIC, M. Grigoletto a été vice-président principal du développement des affaires et du marketing à la Boston Options Exchange (BOX). Auparavant, il avait été associé fondateur de la société de conseils en placement de Chicago, Analytic Capital Management. Il compte plus de 35 années d’expérience dans les opérations boursières et les placements en tant que teneur de marché d’options, spécialiste des marchés boursiers, négociateur institutionnel, gestionnaire de portefeuille et éducateur. M. Grigoletto a précédemment été gestionnaire de portefeuille pour les portefeuilles S&P 500 et MidCap 400 de Hull Transaction Services, un fonds d’arbitrage neutre. Il possède un savoir-faire considérable dans la gestion du risque de portefeuille ainsi que de fortes capacités analytiques pour tout ce qui touche les actions et les instruments dérivés des actions (produits dérivés). M. Grigoletto est titulaire d’un diplôme en finances de l’Université de Miami et a été président du Conseil du STA Derivatives Committee. Par ailleurs, il est membre du comité directeur de la Futures Industry Association et il est régulièrement invité à titre de conférencier dans des universités, ainsi que par la Securities Exchange Commission, la CFTC, la US House Financial Services Committee et l’IRS.

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