Stratégies en prévision d’un retour à la normale de la volatilité implicite (suite)

L’indice de volatilité implicite MVX de la Bourse de Montréal a atteint un sommet depuis l’an dernier touchant les 35 points vendredi matin avant de fermer la séance à 28,68. Ce revirement de tendance subit combiné à la hausse du marché est un bon signe pour la suite des choses. Dans la foulée de l’article de la semaine dernière, j’aimerais aborder plusieurs points importants à considérer dans la construction de stratégies visant à tirer avantage d’une éventuelle baisse de la volatilité implicite des options.

Rappelons que la volatilité implicite des options est à son maximum lorsque l’option est à parité, c’est-à-dire lorsque le prix de levée de l’option et le prix au marché du titre sont à égalité. C’est à ce niveau que le degré d’incertitude est à son maximum. L’option ayant 50 % de probabilité d’être en jeu à l’échéance ainsi que 50 % d’être hors jeu. L’option à parité est l’option qui contient le plus de valeur-temps parmi les options du même mois d’échéance. Parmi les options à parité, ce sont les options ayant une échéance lointaine qui contiennent le plus de valeur- temps. Ainsi, plus on table sur les mouvements de volatilité dans nos stratégies, plus les options à parité lointaines seront affectées.

Le sujet de cet article porte sur un objectif de baisse de volatilité. Nous cherchons donc à vendre des options dont la prime baissera le plus suite à une baisse de la volatilité. Cependant, ce que nous cherchons à faire quand nous vendons des options c’est de mettre toutes les chances de notre côté. Nous savons que le prix d’une option est influencé principalement par la direction du prix du titre et la valeur-temps qui, elle, est influencée principalement par le temps à courir et la volatilité implicite. Ce sont ces deux dernières variables que nous voudrons mettre à contribution dans l’élaboration de notre stratégie.

L’érosion de la valeur-temps s’accélère plus on s’approche de l’échéance. Par conséquent, le choix de l’option à vendre devra tenir compte de ce facteur si on veut optimiser nos chances de réussite. En combinant une option ayant un maximum de valeur-temps (une option à parité lointaine) à une option s’approchant de son échéance (une option à parité à courte échéance), nous devrions être en mesure de tirer avantage de ces deux facteurs. C’est-à-dire, profiter de l’érosion de la valeur-temps et de la baisse de la volatilité implicite. Ainsi, la vente d’un straddle ayant une échéance inférieure à 2 mois peut s’avérer un compromis acceptable. Rappelons que la vente d’un straddle implique la vente d’une option d’achat et d’une option de vente ayant la même échéance et le même prix de levée, généralement à parité. Si vous détenez le titre, vous acceptez ainsi d’acheter des actions supplémentaires si le prix du titre clôture sous le prix de levée à l’échéance, ou vous acceptez de vendre vos actions en cas de hausse au-dessus du prix de levée. L’encaissement des deux primes à des niveaux de volatilité élevés vous compense généreusement contre ces risques. Si vous voulez éviter d’être assigné d’un côté comme de l’autre, vous pouvez racheter le straddle lorsqu’il reste moins de 14 jours à courir jusqu’à l’échéance alors que la valeur du straddle aura perdu un maximum de valeur-temps.

Finalement, rappelons que le contexte actuel en est un d’incertitude extrême et il n’y a aucune garantie que le marché reviendra à la normale dans les prochains jours. Il existe toujours une possibilité que la situation s’envenime encore quelques temps. C’est donc dans ce contexte que nos décisions d’investissement se doivent d’être prises. Une saine gestion de risque et de capital doit faire partie intégrante de toutes nos stratégies.

Revue de la semaine
Après une semaine de forte pression à la baisse, il fallut attendre à la dernière séance, qui était aussi jour d’échéance, pour voir un peu de positif. Mais ce n’était pas sans avoir préalablement brisé le bas du fameux 6 mai dernier qui est maintenant surnommé le « krach éclair » (« flash crash », en anglais), et ce dès l’ouverture. Le marché entreprit alors une remontée spectaculaire pour terminer en hausse pour la séance mais en baisse sur la semaine. L’indice de volatilité MVX de la Bourse de Montréal, qui est aussi considéré comme un indice de peur, a augmenté tout au long de la semaine pour atteindre son plus haut niveau depuis l’an dernier en touchant les 35 points vendredi matin avant de fermer la séance à 28,68. Une stabilisation du MVX dans les prochains jours serait de bon augure pour le marché et la bienvenue auprès des investisseurs.

Le XIU a terminé en baisse de 3,66 % alors que le XFN perdait 2,68 % et que le XEG laissait filer 3,40 %. C’est le XGD qui a connu la baisse la plus forte en se faisant soutirer 8,33 %. Le dollar américain a poursuivi sa montée en accumulant des gains de 2,34 % pour la semaine.

Les tendances principales à moyen terme demeurent toutes inchangées pointant vers le bas sauf pour le dollar américain qui est orienté à la hausse.

Le tableau suivant illustre le prix de fermeture en date du vendredi 21 mai ainsi que la tendance principale à moyen terme (un mois ou plus).

XIU XFN XEG XGD $USDCAD
2010-05-21
17,09 $
22,52$
17,05 $
21,58 $
105,94
2010-05-14
17,74 $
23,14$
17,65 $
23,54 $
103,52
Variation
-0,65$
-0,62 $
-0,60 $
-1,96 $
-2.42
Variation %
-3,66%
-2,68%
-3,40%
-8,33%
+2,34%
Tendance
Baisse Baisse Baisse Hausse Hausse

Bonnes transactions et bonne semaine!

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