Couverture du plan de relance

Bien que le bombardement quotidien de nouvelles économiques est démoralisant, il n’a aucun impact sur les marchés financiers. Comment peut-on expliquer autrement la reprise de la semaine dernière pendant l’annonce des pertes d’emploi historiques en janvier? Autant au Canada qu’aux États-Unis.

Dit simplement, les investisseurs parient que les pertes d’emploi accentuées encourageront la majorité démocrate du Congrès américain à adopter, dès le début de la semaine prochaine, le plan de relance de presque 1 000 milliards de dollars. Toutefois, on aurait pu utiliser n’importe quelle raison pour expliquer la reprise de la semaine dernière. Par exemple, le marché réagit à des conditions de vente excédentaire.

La réalité à plus long terme est plus reluisante. Au cours de la semaine dernière, et pour une bonne partie de 2009, nous avons seulement été témoin de bruit sur les marchés. Volatilité intermittente produite par les participants au marché qui tentent d’évaluer la gravité et la durée de la récession mondiale ou, plus précisément, qui tentent d’évaluer quelle fraction de ce ralentissement est déjà escomptée par le marché boursier.

Que cette volatilité intermittente ait entraîné une fourchette de négociation plus grande tend à confirmer que ce ralentissement mondial est un phénomène qui ne se produit qu’une fois par siècle. Ce qui laisse peu de points de référence réels, voire aucun.

La meilleure hypothèse est que les marchés financiers ont escompté une baisse de 4 % à 5 % du PIB américain et, vraisemblablement, un taux de chômage de 10 %. Je crois aussi que, contrairement aux autres récessions, le chômage est devenu un indicateur coïndident plutôt qu’un indicateur tardif. Ce qui signifie que le sommet du taux de chômage peut coïncider avec le creux de la récession. Nous devons donc nous préparer à un déclin rapide de l’emploi au cours des prochaines semaines.

Bien entendu, certaines questions n’ont pas été escomptées. Par exemple, des données récentes du département américain du Commerce montrent que les consommateurs sont désormais des épargnants nets. Ce qui est très différent des dernières 15 années où les dépenses des ménages américains excédaient le revenu, financés par la baisse des taux d’intérêt et la valeur accrue des maisons.

Pris seul, ce changement d’humeur pourrait être significatif. Passer d’un taux d’épargne négatif de -3 % un taux d’épargne positif de +2 % représente une variation 5 % de la demande des consommateurs. Comme la demande des consommateurs compte pour environ 70 % du PIB américain, cela signifie qu’un retour à l’épargne aurait un impact de 3,5 % sur le PIB américain.

Pour une économie de 15 billions de dollars, cette variation de 3,5 % dans la demande équivaut à environ 525 G$ US. Ce qui absorbe presque tout le stimulus de la première année qui proviendra du plan que le Congrès doit adopter.

Cependant, le plan de relance créera de la demande à court terme. Et les investisseurs croient que cela ajoutera du tonus au bénéfice net des entreprises canadiennes, surtout celles du domaine des matières premières et de l’énergie.

Cela explique le rendement des entreprises comme Potash of Saskatchewan (POT à la Bourse de Toronto) qui a augmenté de 22 % la semaine dernière. Même chose pour les compagnies pétrolières, mais dans une moindre mesure : Suncor (SU à la Bourse de Toronto) en hausse de 9,6 %, Canadian Natural Resources (CNQ à la Bourse de Toronto) en hausse de 5,6 % et EnCana Corp. (ECA à la Bourse de Toronto) en hausse de 5,1 %.

Est-il temps d’exploiter le filon? Peut-être. Mais encore, cela dépend de quelle fraction des bonnes nouvelles a déjà été escomptée dans le prix des titres. Étant donné la remontée de la semaine dernière, on pourrait dire qu’il reste peu de potentiel provenant d’un plan de relance.

C’est avec ce thème à l’esprit que je me souviens du vieux dicton qui dit d’acheter sur la rumeur et de vendre sur la nouvelle. Ce qui veut dire que les entreprises qui remontent sur un plan de relance potentiel, pourraient chuter une fois le plan adopté.

Dans ce cas-ci, une opération de couverture comprendrait la vente d’options d’achat couvertes à parité ou en jeu parce que les primes sont élevées. En fait, c’est peut-être la stratégie la plus appropriée si vous détenez les actions. Parce que, même s’il y a un ressac, ces titres demeureront sans doute à l’intérieur de leur fourchette de négociation du mois dernier. Et la prime fournira un petit coussin contre ce bruit intermittent.

Les investisseurs plus agressifs peuvent évaluer l’achat d’options de vente à court terme (mars ou avril) à partié sur n’importel que de ces titres, pour une opération à court terme.

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