La clause solvabilité
- Posté par Richard Croft à 30 novembre 2008 dans Marché des options
Ça me rappelle le film « Sur les traces du Père Noël ». Dans ce film, une clause légale rarement utilisée, « La clause Père Noël », oblige Tim Allen à assumer le rôle du bon vieux Saint-Nicolas après qu’il est glissé du haut du toit de Tim.
La transaction de BCE a pâti de la « clause solvabilité ». Plus précisément, une annonce faite par KPMG indiquait qu’elle ne serait probablement pas en mesure d’émettre son opinion quant aux tests de solvabilité que BCE doit satisfaire. Si c’est le cas, la transaction est vouée à l’échec sans que les créanciers potentiels aient à verser l’indemnité de rupture de 1,2 milliard de dollars.
Des tests de solvabilité existent dans tout financement d’entreprise. Toutefois, ils causent rarement l’échec d’une entente si près de son dénouement parce que les investisseurs supposent que de tels tests ont été faits régulièrement durant les négociations.
Si vous trouvez que ça sent mauvais, vous avez probablement raison. KMPG effectuait ces tests au nom de deux grandes banques américaines qui sont les principaux créanciers dans l’entente. Les banques veulent se sortir de cette entente; elles ne veulent pas payer d’indemnité de rupture; et la seule façon de s’en sortir de cette façon est que BCE ne satisfasse plus les tests de solvabilité.
D’autre part, la solvabilité est basée sur une série d’hypothèses. Le seul fait de modifier un tant soit peu une hypothèse peut faire basculer le test de la réussite vers l’échec. Tout comme une petite variation de la volatilité peut avoir un grand impact sur la valeur d’une option.
Manifestement, les deux derniers mois ont changé le paysage économique. Une récession pourrait faire basculer les profits de BCE l’année prochaine. Le repli du marché boursier a certainement empalé le régime de retraite de BCE. Au point où le manque à gagner du régime de retraite compromet la solvabilité.
À partir d’ici, nous avons au moins une meilleure compréhension du dénouement. Bien que tout soit encore possible, la conclusion de l’entente reste douteuse. Cela signifie qu’il est temps pour moi de faire amende honorable parce que j’ai eu tort sur plusieurs points à propos de cette entente.
D’abord, j’ai cru que l’entente serait conclue. Faux!
Ensuite, j’ai cru que si l’entente échouait, les actionnaires de BCE obtiendraient au moins l’indemnité de rupture. Faux!
Troisièmement, j’ai cru que la réussite de l’entente BCE pourrait être un catalyseur pour les marchés financiers. Parce que cela montrerait aux investisseurs le retour de la liquidité dans le marché, ce que les banques centrales mondiales tentent de stimuler. Au lieu, il semble que l’échec de l’entente soit une sorte de catalyseur à court terme pour les marchés financiers.
Il est intéressant de constater, pendant que je fais amende honorable, que ce dernier point doit être discuté. Au cœur de l’effondrement des marchés financiers était l’utilisation excessive du recours au levier financier. Ou plus précisément, l’extension du crédit à des emprunteurs qui n’étaient pas solvables.
Au cours de la dernière année, nous avons aussi ressenti la douleur associée au désendettement. Peut-être que les investisseurs / catalyseurs cherchaient à savoir si les banques accélèreraient leur processus de vérification préalable pour éviter d’autres bulles à levier financier. Il est possible que ce qui se passe avec BCE soit une indication que les banques ont justement commencé cela. Cela signifie que l’étude minutieuse de l’entente BCE, plus que l’entente en elle-même, soit ce que les marchés financiers recherchent.

Ajouter un commentaire