Avoir presque raison…
- Posté par Richard Croft à 5 octobre 2008 dans Marché des options
La philosophie de Warren Buffet est d’acheter quand le marché est terrorisé et de vendre, quand il est poussé par la cupidité. Barron Rothchild partageait la même vision : on achète quand il y a des effusions de sang dans les rues.
Toutefois, aucun des deux n’était aussi précis quand il s’agissait de prédire un creux; Buffet croit qu’il vaut mieux avoir « presque raison » que « presque tort ». Et Rothchild n’a jamais dit combien de sang doit couler avant d’atteindre un creux.
C’est grâce à Buffet qui achète des marques que les investisseurs peuvent trouver un peu de réconfort. Il a d’abord acheté Goldman Sachs et la semaine dernière, General Electric Co. Et, pour suivre sa philosophie de la « presque raison », il a protégé ses paris en faisant des pressions pour que les deux entreprises émettent 10 % d’actions privilégiées perpétuelles rachetables. Un investissement total de 8 G$ US de sa compagnie Berkshire Hathaway qui dispose de sommes d’argent importantes.
Bien entendu, la philosophie de Buffet est de faire des investissements à long terme et d’encaisser les revenus de dividende pendant ce temps. Et malgré que les négociateurs d’options n’exécutent généralement pas de stratégies d’investissement à long terme, ils mettent en place des stratégies de protection et de revenu. Aujourd’hui plus que jamais.
La vente d’options continue de voler la vedette à cause de l’augmentation de la volatilité. Surtout au Canada où l’indice MX de volatililé implicite a clôturé à 49,83 vendredi. Depuis les deux dernières semaines, les records s’accumulent.
Que ce soit pour la construction d’un portefeuille ou pour la mise en place de stratégies de protection dans un portefeuille, la vente d’options de vente garanties et la vente d’options d’achat couvertes paieront probablement des dividendes. Les deux stratégies procurent un revenu durant ce qui sera peut-être une longue période de récession.
Au Canada, je vois des occasions dans des compagnies comme EnCanada Corp.
(TSX : ECA, 59,05 $), l’un des producteurs de gaz naturel à plus faible coût au Canada. Comme le titre se négocie à 1,1 fois moins que sa valeur liquidative par action, certains disent qu’il a été touché de façon injustifiée par la chute des marchés. D’autant plus qu’ils ont récemment annoncé des plans pour réorganiser ses opérations de gaz naturel dans une entreprise distincte.
Les options ECA à parité se négocient à une volatilité implicite de 90 %. La vente d’options de vente garanties est un moyen intéressant d’acquérir des actions à un prix inférieur au marché. Prenons, par exemple, les options de vente ECA janvier 58 qui sont à 6,20 $. Si le titre demeure stable ou monte un peu, les options de vente ne vaudront plus rien à l’échéance. Si le titre chute, l’investisseur devra acheter des actions à un prix de 58 $ chacune en janvier. En tenant compte de la prime reçue, le coût net s’établit à 51,80 $.
Manulife Financial Corp. (TSX: MFC, 36,47 $) est une autre compagnie touchée par le manque de confiance des investisseurs dans le secteur financier. Malgré cela, MFC est bien capitalisée et si cette compagnie suit la philosophie de la « presque raison », elle pourrait se lancer dans une frénésie d’achat de style Buffet. Des valeurs en vente de feu comme la malmenée AIG.
Les options de vente MFC janvier 36 se négocient à peu près à 3,00 $ ou à une volatilité implicite de 42 %. Une assignation permettrait d’acheter les actions à un prix net de 33 $ chacune. Un prix que même Rothchild qualifierait de saignée importante.

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