Un marché en dents de scie!

Être payé pour détenir de la volatilité

La volatilité implicite mesurée par l’Indice VIX (CBOE Volatility Index) a atteint 42 jeudi dernier, un sommet pour les cinq dernières années. Tout aussi rapidement, il est redescendu à 32. L’Indice MX de volatilité implicite (MVX) a expérimenté la même chose en atteignant 37,49 mercredi dernier et s’est stabilisé à 27,29 pour finir la semaine.

Il est intéressant de remarquer que, depuis la mi-2007 où les premiers signes de la crise du crédit sont apparus, la volatilité aux États-Unis oscillait entre 20 et 30 et au Canada, entre 15 et 25 – ce qui est beaucoup plus élevé que le niveau moyen des quatre dernières années.

Le fait est que la volatilité est encore élevée. Donc, le facteur « de risque » est toujours présent. Et maintenant que la vente à découvert est resteinte, on doit s’attendre à ce que les primes d’options demeurent élevées puisque les options de vente sont l’un des derniers bastions permettant de miser sur une baisse.

La conséquence est que les stratégies de vente d’options sont probablement la meilleure approche à court terme. La vente d’options d’achat couvertes est une approche tout comme la vente d’options de vente garanties, particulièrement sur des compagnies productrices de ressources naturelles comme l’or, l’énergie et l’agriculture. Ou même sur des banques d’investissement américaines (c.-à-d. Morgan Stanley ou Goldman Sachs) pour lesquelles la volatilité reste particulièrement élevée. Si vous croyez que les rescapées de ce secteur ont atteint leur niveau plancher, alors boursicoter avec des options d’achat couvertes à parité pourrait rapporter de bons profits.

Une autre compagnie à considérer est BCE Inc. (TSX : BCE). Si vous croyez aux déclarations du secrétaire américain au Trésor Henry Paulson disant qu’un plan de sauvetage permettra aux banques de recommencer à prêter de l’argent, alors l’entente de BCE sera une étude de cas typique. Comme elle est une emprunteuse avec de solides garanties, BCE cadre bien avec cette déclaration et devrait se négocier jusqu’à 42,75 $.

BCE a clôturé à 37,85 $ vendredi dernier, ce qui signifie que la plupart des investisseurs sont encore indécis. Si vous êtes optimiste et que vous croyez à une conclusion heureuse à cette acquisition en montagne russe, le rendement entre aujourd’hui et la clôture de la transaction en décembre est de 12,9 %.

Dans l’ensemble, la stratégie de vente d’options est encore plus sensée. Par exemple, vous pourriez dire que la remontée tardive de la semaine dernière avait autant à voir avec la couverture de positions à découvert qu’avec un vrai renversement du consensus. Ce qui veut dire que les marchés financiers en général n’atteindront pas de nouveaux sommets de si tôt. Du moins pas tant que les participants du marché ne se concentrent sur les fondamentaux comme les bénéfices nets, les habitudes de dépenses de consommation, l’ampleur de la récession américaine et l’effet à long terme du plan de sauvetage sur le déficit gouvernement américain.

Pour l’instant, la seule donnée fondamentale dans l’esprit des investisseurs est de savoir si le marché immobilier américain se stabilisera bientôt. Tout compte fait, la réponse est non! Il se stabilisera, mais c’est peu probable avant 2009.

Un aspect favorable du plan de sauvetage est que le gouvernement américain deviendra le propriétaire de la plus grande portion des mauvaises créances immobilières. Comme il a les poches profondes, le gouvernement peut prendre une approche mesurée pour la liquidation de ce nouveau portefeuille. À moins, bien entendu, que le nouveau président décide d’intervenir politiquement en partant de « nous devons aider les Américains à garder leur maison. » Dans ce cas, ce n’est plus du tout la même situation.

Quant à l’aspect politique de l’accession à la propriété, je pense que la personne qui siège à la Maison Blanche aura peu d’importance. Tout dépendra du temps que le nouveau président pourra faire en essayant d’aider les familles à garder leur maison… peu importe les considérations économiques. Ne vous y trompez pas, le premier objectif de tout président à son premier mandat est d’en obtenir un second. Et il y a un précédent de poignées de mains dans l’accession à la propriété parce que c’est l’aspect politique de l’accession à la propriété, pas l’aspect économique, qui a permis à ce chaos de surgir.

Et comme nous ne connaîtrons pas la stratégie politique tant qu’on ne saura pas qui sera le nouveau président, nous revenons à la stratégie de vente d’options qui a ses avantages si une telle situation continue. C’est-à-dire un environnement volatil qui ne va nulle part, mais ayant établi possiblement un creux à cour terme. L’avantage est d’être payé pour détenir de la volatilité dans une fourchette de négociation.

À plus long terme, la vente d’options d’achat couvertes vous permet d’obtenir un juste prix pour les actions que vous devrez céder si vous êtes assigné sur les options vendues. Ou, dans le cas d’options de vente garanties, d’obtenir un portefeuille d’actions à un bon prix moyen sur l’assignation des options de vente.

Je crois qu’il existe une meilleure approche que de choisir une direction quand il y a tant d’incertitude.

  • Share/Bookmark

Ajouter un commentaire

Spam Protection by WP-SpamFree