Des stratégies pour réduire le risque
- Posté par Richard Croft à 2 septembre 2008 dans Marché des options
Les acheteurs d’options ne spéculent pas tout le temps
Il est raisonnable de dire que les options comportent des risques étant donné que la plupart des investisseurs spéculent avec les options. Mais ce n’est pas vraiment exact. Il y a beaucoup de stratégies d’options qui permettent d’obtenir des positions acheteur ou vendeur tout en réduisant les risques.
La stratégie de réduction de risque la plus fréquente est la vente d’options d’achat couvertes. Il s’agit de vendre des options d’achat sur des actions qu’on détient dans son portefeuille. On obtient ainsi un revenu supplémentaire grâce à la prime encaissée tout en réduisant le coût de la position sur actions. Cette stratégie vise clairement à réduire le risque.
La contrepartie à cette transaction est généralement un spéculateur. Mais il ne faut pas se fier aux apparences. L’acheteur de l’option d’achat use peut-être d’astuces pour réduire à sa façon le risque par une stratégie d’actions de remplacement ou une stratégie synthétique convertible.
La stratégie d’actions de remplacement
Supposons que l’acheteur de l’option d’achat détient déjà 500 actions Agrium (TSX : AGU) qu’il a achetées en août 2007 à un prix de 50 $ l’action. Depuis cette date, la valeur d’AGU a augmenté pour clôturer à 89,81 $ la semaine dernière. Qui pourrait se plaindre d’un rendement annuel de 79 %? Sauf qu’il doit évaluer s’il vend ses actions maintenant et empoche son profit ou s’il détient sa position plus longtemps en espérant obtenir un plus gros profit.
La plupart des investisseurs ont de la difficulté à décider quand vendre, toujours en passant par toute une gamme d’émotions. S’il vend et empoche ses gains, où investira-t-il par la suite? S’il conserve ses actions et que le titre chute, pourra-t-il trouver le sommeil en pensant à ses pertes? C’est là que la stratégie d’actions de remplacement entre en jeu.
Il s’agit de vendre les actions et d’empocher les gains, et ensuite de remplacer les actions par une position acheteur sur options d’achat. Dans notre exemple, l’investisseur vendrait les
500 actions à 89,81 $ et achèterait 5 options d’achat AGU janvier 90 à 11 $ l’action.
L’investisseur est donc encore dans une position favorable, en plus d’avoir déjà encaissé des gains. La perte potentielle est limitée à la prime payée pour les options d’achat janvier 90. Si le titre grimpe encore, il en profitera jusqu’à l’échéance des options en janvier.
Cette stratégie est très utile si les options sont à un prix raisonnable. Donc, si les options sous-estiment la volatilité future. C’est le cas, à mon avis, pour les producteurs d’engrais.
La stratégie synthétique convertible
Une autre possibilité s’offre à vous si vous n’avez pas pu profiter de la hausse d’AGU et vous vous demandez si c’est le bon moment pour le faire.
Les investisseurs qui font face à ce dilemme passent par la même gamme d’émotions que ceux de la stratégie de remplacement d’actions. Cette fois, il faut évaluer le coût d’une occasion manquée par rapport au risque de prendre une position trop tard.
La stratégie synthétique convertible fait appel aux options d’achat pour tirer profit d’une position sur actions au lieu d’acheter directement des actions.
Par exemple, si un investisseur achète 500 actions AGU à 89,81 $ l’unité, son investissement total s’élève à 44 905 $ (plus les frais de commission).
Dans la stratégie synthétique, l’investisseur prend 5 500 $ des 44 905 $ qu’il était prêt à investir dans AGU et achète 5 options d’achat AGU janvier 90 à 11 $. Ensuite, il investit le reste
(soit 39 405 $) dans des bons du Trésor du gouvernement du Canada dont l’échéance est janvier 2009.
Le portefeuille de l’investisseur comprend donc deux types de valeurs : des bons du Trésor sans risque et des options d’achat AGU. Ce n’est pas vraiment une transaction que des investisseurs agressifs utiliseraient.
Dans cet exemple, on a une alternative à l’achat d’actions AGU et dont le risque est réduit. Cette stratégie permet d’obtenir une débenture synthétique convertible en actions AGU : l’option d’achat représente l’exposition au titre sous-jacent et les bons du Trésor représentent la composante du revenu fixe.

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