Le débat pétrolier

Le prix du baril de pétrole est tombé à 123 $US depuis son sommet de 145 $US à la mi-juillet. Ce dont je parlais dans mon billet du 7 juillet dernier quand je m’excusais pour ma suggestion sur Fording (NYSE : FDG).

Dans ce billet, j’ai mentionné que les cours des titres pétroliers sont peut-être un indicateur précurseur d’un revirement dans le prix du pétrole. Pour ceux qui partageaient cet avis, j’ai suggéré l’achat du FNB Horizons BetaPro NYMEX Pétrole brut baissier Plus (TSX : HOD) qui se négociait à 6,37 $ à ce moment-là.

HOD vise à obtenir un rendement quotidien, avant déduction des frais, dépenses, distributions, frais de courtage et autres coûts, qui correspond à deux fois (200 %) l’inverse du rendement quotidien du contrat à terme sur pétrole léger non sulfuré du NYMEX pour le mois de livraison suivant. En gros, une baisse de 5 % du prix du pétrole devrait augmenter de 10 % la valeur de HOD, qui valait 8,55 $ à la fermeture vendredi.

Maintenant, revenons à cette semaine. On pourrait bien dire que la bulle pétrolière a éclaté. Et ça pourrait aller plus loin étant donné que l’Arabie saoudite a augmenté sa production pour freiner la spéculation sur les marchés. Dans cette optique, il est fort possible que le baril de pétrole soit à 100 $US. À ce niveau, je crois que HOD se négociera entre 12 $ et 13 $ l’action (notez que je détiens encore HOD que j’ai acheté après mon billet du 7 juillet).

Cela étant dit, certains analystes avancent que l’éclatement de cette prétendue bulle ne soit rien d’autre qu’un ressac longuement anticipé, mais temporaire à partir d’une tendance haussière générale. Donc, les analystes disent qu’à 123 $US le baril, le pétrole est simplement revenu à son niveau du mois de mai. À ce moment, ce niveau était aussi un prix élevé record et aucune des données fondamentales n’a vraiment changé depuis, malgré le ralentissement économique mondial.

La demande pour le pétrole demeure forte. L’économie américaine tourne au ralenti, sans plonger dans une véritable récession (se définissant comme deux trimestres consécutifs de croissance négative du PIB). En fait, les États-Unis n’ont eu aucun trimestre de croissance négative, voire même un seul mois.

Les marchés émergents ne subiront probablement pas de récession non plus. Au mieux, la croissance pourrait ralentir, mais il y aura tout de même croissance. Donc, si la demande pour le pétrole demeure forte partout, à quel point est-il probable que, même à 123 $US le baril, la soif mondiale pour le pétrole s’affaiblira significativement? Surtout quand les réserves sont sollicitées au maximum et que les pipelines desservant les marchés sont dans des régions du monde à haut risque géopolitique.

Si les spéculateurs vendent le pétrole à cause d’une décélération de la demande, alors on croit que la demande réduite sera le résultat d’un changement dans les habitudes de consommation plutôt qu’un ralentissement perceptible de l’activité économique. Et cet argument est contesté sur la base que la demande de pétrole est inélastique. Cela signifie que ça prend une plus forte variation à la hausse pour vraiment changer la demande. Alors, quoi de neuf… plus d’incertitude!

Nous savons que les prix du pétrole sont influencés par la psychologie des investisseurs, avec des arguments solides des deux côtés. D’un point de vue transactionnel, il en découle que le cours du pétrole puisse bien descendre à un niveau de 100 $US le baril avant de remonter. Tout comme les données fondamentales de l’offre et de la demande ont été ignorées quand la ferveur spéculative a fait grimper le prix à 147 $US le baril.

Pour profiter d’une reprise à la hausse du pétrole, je me limiterais aux sociétés pétrolières en examinant bien attentivement les données fondamentales de leur bénéfice parce qu’il est possible que les sociétés pétrolières aient déjà anticipé un prix de 100 $US le baril.

Dans le cas d’une reprise, les quatre sociétés à évaluer incluent Imperial Oil (TSX : IMO, prix récent 51,19 $, volatilité implicite des options 35 %), Petro Canada (TSX : PCA, 48,42 $, 38 %), Suncor (TSX : SU, 56,12 $, 46 %) et Canadian Natural Resources (TSX : CNQ, 81,28 $, 60 %).

Les options IMO et PCA étant les moins chères du secteur, et en supposant que vous croyez au potentiel de ces sociétés, j’achèterais des options d’achat. Par exemple, des options d’achat IMO septembre 52 à 2,35 $ ou des options d’achat PCA septembre 50 à 1,85 $.

Les options SU et CNQ ont une volatilité implicite beaucoup plus élevée. Avec des niveaux supérieurs à 45 %, j’évaluerais la vente d’options d’achat SU couvertes en achetant le titre à 56,12 $ l’action et en vendant des options d’achat août 58 à 1,30 $. Le rendement pour les deux semaines est de 5,8 % si elles sont exercées, alors que le rendement est de 2,4 % si le titre demeure stable.

De la même façon, la vente d’options d’achat CNQ couvertes comprendrait l’achat du titre à 81,28 $ et la vente d’options d’achat août 82 à 3,30 $. Le rendement pour les deux semaines est de 5,2 % si elles sont exercées, alors que le rendement est de 4,2 % si le titre demeure stable.

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