BCE Inc. : entente ou pas?

Et si on avait une vue d’ensemble?

Il faudrait quand même se questionner sur ce partenariat transformant BCE en société fermée… vous ne croyez pas?

D’un côté, il y a le Régime de retraite des enseignantes et des enseignants de l’Ontario. Un groupe qui, vraisemblablement, veut acquérir BCE et prendre la rentrée d’argent soutenue pour sécuriser le versement de rentes.

De l’autre côté, il y a deux entreprises de capital d’investissement privé qui, fort probablement, veulent restructurer la compagnie avec un plan de sortie publique à un moment donné.

Et, malgré cela, ce partenariat tient la route et continue de foncer vers la privatisation de l’une des principales sociétés canadiennes. Et ils avancent… sur un terrain miné où chaque journée apporte son lot de nouvelles mines.

La dernière est un jugement de la Cour d’appel du Québec qui favorise les détenteurs d’obligations de BCE. Le marché a donc spéculé que la vente n’aboutirait pas. Du moins, jusqu’à ce que la cause soit entendue par la Cour suprême du Canada. Cette volée tient en haleine les analystes des deux côtés de la table, ceux qui croient que l’entente passera et ceux qui ne le croient pas.

J’ai déjà parlé de BCE Inc. dans un billet et j’ai suggéré aux investisseurs d’acheter les actions et de vendre des options d’achat mai 40. Cette transaction a bien réussi; le prix de base obtenu par les investisseurs est près du prix actuel du titre.

Les investisseurs auraient aussi pu vendre des options d’achat juin 40 entre 85 cents et 1,10 $ peu après l’expiration des options mai. Bien entendu, c’était avant le dernier coup dur à la transaction. Si vous avez vendu des options d’achat juin avant la dégringolade du titre, vous êtes en très bonne position : un prix de base inférieur à 34 $ l’action, prix auquel (selon l’avis de plusieurs) le titre se situera si la transaction ne se fait pas .

De plus, vous pourriez avoir une autre occasion de vendre des options d’achat. Même si la transaction aboutit, cela n’arrivera pas avant la fin juin. Certainement pas avant l’expiration des options vers la mi-juin.

Cela étant dit, les occasions sur BCE Inc. sont bonnes peu importe que la transaction se fasse ou pas. Si quelqu’un décide de « tirer la plogue », vous détiendrez un titre avec de solides bénéfices et, très probablement, un dividende béton. Vous pourriez même obtenir un dividende spécial ou un dividende plus élevé, considérant les frais de résiliation de 1 G$ qui iraient à BCE si l’entente échoue.

En dehors du tapage quotidien, cette transaction a des implications qui vont plus loin que les actionnaires et les détenteurs d’obligations de BCE. Le succès ou l’échec de ce rachat trouve son pendant dans la crise du crédit. Parce que cette transaction devrait être financée étant donné que les acquéreurs ont les moyens de supporter une nouvelle dette.

Et malgré que ce n’est pas l’emprunteur que la Réserve fédérale américaine tentait de sauver en injectant des liquidités, cela a tout de même à voir. Parlez-en à l’avidité des banques pour des clients solvables.

Si les banques derrière cette transaction utilisent le dernier revirement comme raison de faire marche arrière, cela nous indique qu’il est encore tôt dans la crise du resserrement du crédit. Ce qui veut dire qu’il y aura encore de l’angoisse.

Si les banques appuient toujours cette transaction et si la Cour suprême casse le jugement de la Cour d’appel du Québec, alors la transaction passera. Si tel est le cas, cela indique que la crise de resserrement du crédit est presque finie. Cela sera très bon pour le marché boursier dans son ensemble et, surtout, pour les banques canadiennes.

Au moins, c’est un très bon divertissement.

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