Est-ce que les marchés sont secoués par des anticipations?

Volatilité à vendre?

Le pétrole ne semble pas connaître de limites. Les prix atteignent encore de nouveaux sommets, tout comme les titres de sociétés pétrolières Suncor (symbole SU) et Canadian Natural Resources (symbole CNQ). Même pour l’ensemble du marché canadien, survolté par la frénésie spéculative de l’énergie, des marchandises et, de façon moins importante, l’or. Et on ne voit pas la lumière au bout du tunnel.

À coup sûr, le consommateur américain s’est bien ajusté aux hausses des prix de l’essence. Peut-être trop bien! C’est probablement à cause d’une nouvelle richesse provenant de l’aide gouvernementale. Les remboursements d’impôt promis par le président Bush à la fin de l’année dernière devraient maintenant être dans les mains des consommateurs américains.

Évidemment, cette aide est un soulagement à court terme. Le pansement risque de masquer l’impact réel des hausses des prix.

Du côté positif, les rendements trimestriels étaient au rendez-vous. Comme la soupe de Boucle d’or, ni trop chaude, ni trop froide. Les rendements sont à la base des cours du marché, ce qui explique en partie la distorsion à la hausse dans le marché boursier nord-américain. Ajoutez ou soustrayez les 200 points de baisse pour les jours où quelque chose d’inattendu se produit.

Mais là aussi, plusieurs questions demeurent. Les excellents résultats de sociétés américaines ayant des ramifications à l’échelle mondiale (c.-à-d. IBM, Google, etc.) ont plus à voir avec les bons taux de change que les résultats des ventes. Franchement, aucun analyste du marché n’aime voir cela.

C’est bien assez difficile de prévoir les résultats dans le meilleur des mondes. Essayez de le faire sur des taux de change volatils. Ne vous y trompez pas, si le dollar américain se stabilise, ces rendements changeront très rapidement.

Et qu’en est-il des liquidations massives dues à des événements à court terme? Généralement, les investisseurs peuvent écarter de tels événements uniques, focalisant sur la tendance à long terme. Malheureusement, cela se tient seulement si la tendance est appuyée par des vrais fondamentaux. Voilà le nœud du problème!

Les distorsions à la hausse dans le marché américain, et encore plus dans le marché canadien, semblent être plus du baratin que de la vérité. On peut bien alléguer que le marché prévoit simplement la fin de la récession et le retour des gros consommateurs d’ici six mois. C’est ce que les grands titres nous disent.

Mais, pour accepter cela, on doit croire que les prix de l’essence ne modifieront pas aux dépenses de consommation à court terme et, à plus long terme, ne se répercuteront pas de façon significative sur l’inflation. C’est une épée aiguë à double tranchant.

Il y a un bon côté à tout cela. Si on est réellement dans un marché conduit par des anticipations, cela ouvre la porte à des transactions sur options intéressantes. Surtout des straddles ou des strangles.

Un straddle implique l’achat d’une option d’achat et d’une option de vente sur le même titre sous-jacent et ayant le même prix de levée. Un strangle, c’est la même chose mais avec des prix de levée différents. Dans les deux cas, ce sont des transactions sur la volatilité. Ce ne sont pas des transactions pour des prévisions directionnelles.

Les transactions sur la volatilité procurent un gain si les marchés sous-jacents sont plus volatils que les négociateurs d’options le prévoient. En ce moment, l’indice MX de volatilité implicite (symbole MVX), qui était jusqu’à tout récemment dans les 20, est à 15,88. Simplement dit, cela signifie que les primes d’options baisseront. Ce qui est positif si on est dans un marché de sentiment. Anticiper entraîne de la volatilité et, avec un straddle ou un strangle, on achète la volatilité à vendre.

Par exemple, le straddle mai 87 sur iShares S&P/TSX 60 Index Fund (symbole XIU, prix récent 87,36 $) peut être acheté à 2,00 $ l’action. Si le XIU monte au-dessus de 89 $ ou descend en deçà de 85 $ avant l’expiration de vendredi prochain, on a une position rentable.

Elle peut aussi être rentable si le marché chute brusquement, ce qui fera grimper la volatilité. Ça peut arriver très rapidement dans un marché secoué par des anticipations.

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