L’oeuf ou la poule
- Posté par Richard Croft à 28 février 2008 dans Marché des options
Lequel est venu en premier, l’oeuf ou la poule? Un grand débat a eu lieu dans la communauté scientifique sur cette question futile en apparence.
Aussi futile qu’il puisse paraître, ce débat dure depuis des années dans le marché canadien des options. Les mainteneurs de marché nous demandent d’envoyer des transactions et ils fourniront la liquidité. Les investisseurs, tant institutionnels qu’individuels, disent aux mainteneurs de marché de fournir la liquidité par des écarts raisonnables entre les cours acheteurs et vendeurs, et les volumes suivront.
Cette question a encore été soulevée avec l’inscription des options sur Horizons BetaPro S&P/TSX 60 Bull Plus Fund et Bear Plus Fund.
Lundi, j’étais fin prêt pour en négocier… 100 contrats à la fois. Mais quand j’ai vu les écarts entre les cours qui ne répondent à aucun modèle rationnel d’évaluation (le cours acheteur sur certaines options d’achat mars HXU était inférieur à leur valeur intrinsèque), j’ai choisi de passer mon tour.
Les mainteneurs de marché se défendent en disant qu’il est parfois difficile d’afficher des cours acheteurs et vendeurs quand le titre sous-jacent n’est pas liquide. Bon, d’accord! Se servir d’un titre sous-jacent pour couvrir le risque est aussi très important. Mais, pour ces titres… ce n’est pas un problème.
L’activité moyenne de négociation sur HXU dépasse les 900 000 actions. Quant à HXD, la moyenne quotidienne tourne autour de 2,12 millions d’actions avec des écarts sur les cours acheteurs et vendeurs très étroits (parfois de quelques cents par action). Le volume négocié sur HXU et HXD représente respectivement de 25 à 50 pour cent du volume quotidien moyen des iShares CDN S&P/TSX 60 Fund (XIU), pour lesquelles le marché des options est très actif. Je n’ai eu aucune difficulté à négocier 50 000 actions à la fois, avec une incidence minimale sur les prix.
Les mainteneurs de marché ont endossé la théorie de l’oeuf ou la poule en faisant valoir que c’est en envoyant des ordres dans le marché que les cours acheteurs et vendeurs sont établis. Mais avant qu’un investisseur puisse faire ça, il doit y avoir une certaine transparence. On doit être à l’aise qu’on prend une position; il doit y avoir un minimum de marché si on veut liquider notre position avant l’expiration.
Ce n’est pas possible quand mon écran affiche des options d’achat à parité avec un cours acheteur de 25 cents et un cours vendeur de 5,00 $. Ces prix m’ont été confirmés par le pupitre de négociation de NBCN qui a probablement accès aux données de la MX en temps réel.
Quand l’écart entre les données de cours acheteurs et de cours vendeurs est si large, 90 % des stratégies sur options ne peuvent pas être exécutées. Par exemple, il est hors de question d’exécuter un spread.
Quelqu’un doit prendre l’initiative dans ce dossier et à mon avis, cela devrait être les mainteneurs de marché. À ce point-ci, il n’y a eu aucun leadership et c’est inexcusable.
Ici, on a la possibilité de négocier un produit basé sur un indice volatil. Ce produit pourrait et devrait connaître beaucoup de succès. Mais comme dans toute chose, on doit avoir des standards moyens pour que les investisseurs moyens jouent la partie.
Mainteneurs de marché MX… Il est temps de démarrer vos moteurs.
P.-S. Pour les lecteurs de ce blogue ayant connu les mêmes situations, c’est l’endroit pour faire entendre vos préoccupations!

Ajouter un commentaire