Comprendre la volatilité pour réussir sur le marché des options

Qu’est-ce que la fourchette de négociation implicite?

Dans mes derniers billets, j’ai discuté de la volatilité implicite. Ce facteur est probablement le plus important dans votre réussite à négocier des options. En fait, on pourrait dire que le concept de volatilité implicite est aussi important pour un négociateur d’options que les estimations du bénéfice le sont pour un analyste boursier.

La volatilité implicite est un concept difficile à chiffrer parce qu’elle en dit peu sur l’application d’une stratégie dans une situation précise.

Évaluer le prix d’une option négociée en bourse demande qu’on se serve d’une formule mathématique complexe. Le modèle mathématique compte six éléments de base : 1) le prix actuel du titre sous-jacent, 2) le prix de levée de l’option, 3) le nombre de jours avant l’échéance, 4) les dividendes, 5) les taux d’intérêt et 6) la volatilité.

On connaît avec certitude (ou presque) la valeur de ces éléments. Par exemple, on connaît exactement le prix actuel du titre sous-jacent. Le prix de levée d’une option fait partie du contrat d’option. On connaît précisément la date d’expiration du contrat d’option (les options expirent le samedi suivant le troisième vendredi du mois d’échéance). On connaît avec une grande certitude les taux d’intérêt et les dividendes (s’il y en a) à être versés sur le titre sous-jacent.

Le prix d’une option provient donc sa volatilité, laquelle est simplement l’évaluation du risque. Mathématiquement, la volatilité est une mesure de la variation du prix de l’action par rapport à son prix actuel. La donnée à entrer dans la formule d’évaluation du prix d’une option est l’écart type annuel du prix de l’action.

Le problème est que la plupart des négociateurs d’options négligent de considérer la volatilité lorsqu’ils prennent des décisions d’investissement. Les négociateurs achètent des options d’achat s’ils ont des prévisions haussières sur le titre sous-jacent ou achètent des options de vente pour des prévisions baissières. Mais si les négociateurs paient un montant trop élevé pour les options d’achat ou de vente, ils s’apercevront qu’ils peuvent perdre de l’argent même si leurs prévisions sur la direction du titre sous-jacent sont bonnes.

Le fait que la majorité des investisseurs sur le marché des options perdent de l’argent au fil du temps révèle l’importance de bien comprendre la volatilité. Ce qui arrive, c’est que les investisseurs ne comprennent pas clairement si la volatilité est surévaluée ou sous-évaluée. Par exemple, si je vous dis que les options sur les iShares S&P/TSX 60 (XIU) sous-entendent une volatilité de 22%, est-ce que c’est bon ou mauvais? Sans point de référence, impossible à savoir.

Dans le marché des options, on pait une prime pour jouer le jeu. La prime des options handicape effectivement le marché sous-jacent, tout comme l’écart handicape le parieur dans une partie de football.

Si je pariais sur le résultat d’une partie de football et que l’équipe « A » avec un nombre record de dix parties gagnées et une partie perdue jouait contre l’équipe « B » avec une victoire et dix parties perdues, on s’attendrait probablement à ce que l’équipe A gagne la partie avec son dossier de victoires.

Mais si on devait parier sur le résultat de la partie et que le handicap était de 50 points, cela changerait grandement la façon dont on verrait le résultat. Bien que l’équipe A peut gagner la partie, il est très improbable qu’elle la gagnerait par plus de 50 points. Intuitivement, nous savons qu’un handicap de 50 points dans une partie de football est trop élevé.

Quand on prend une décision d’investissement, on suit un processus semblable. On prend une décision d’acheter ou de vendre le XIU selon ses données historiques. On peut choisir d’examiner certaines tendances des cours sur un diagramme boursier, se servir de l’analyse fondamentale ou une estimation du bénéfice pour prendre une décision. Mais la décision d’achat ou de vendre est fonction, en grande partie, du comportement passé du titre ou d’un indice dans des circonstances précises.

Par exemple, avec l’analyse fondamentale, on achèterait des XIU si notre estimation du bénéfice était supérieure à celle du marché. Et théoriquement, on pourrait en vendre si notre estimation du bénéfice était inférieure à celle du marché. Sans les options, la décision de négocier est complète.

Toutefois, dès qu’on introduit des options dans l’équation, on doit connaître le niveau de handicap qu’on doit payer dans le marché des options pour jouer la partie. Le handicap est la volatilité implicite.

Contrairement au handicap du football où on a un sentiment intuitif, on n’a pas le même sentiment sur la volatilité implicite. Est-ce qu’une hypothèse de 22 % sur la volatilité implicite du XIU trop haute ou trop basse?

Pour y arriver, on doit mettre la volatilité implicite en perspective en la définissant comme une fourchette de négociation implicite. Bien entendu, sans avoir à utiliser un tableur pour déterminer le résultat.

Pour y arriver, considérons l’approche suivante. On sait que le XIU s’est récemment négocié à 77,70 $. Quand j’ai regardé les options XIU, les options d’achat juin 78 étaient à 4,00 $. Les options de vente XIU juin 78 étaient à 4,00 $.

Si on achète une option d’achat et une option de vente, le coût total serait 8,00 $. À ce point-ci (c’est-à-dire position acheteur sur option d’achat et option de vente XIU), est-ce qu’on se préoccupe de la direction du titre? En fait, que le XIU monte ou baisse, on n’en a rien à faire. On veut juste que le XIU bouge assez pour gagner un montant supérieur au coût total du straddle.

Si on ajoute le coût du straddle XIU (8,00 $) au prix de levée des options, le seuil de rentabilité à la hausse est de 85 $ et, à la baisse, 70 $. Cela représente la fourchette de négociation du XIU sous-entendue par le marché des options à partir d’aujourd’hui jusqu’à l’échéance en juin.

Ensuite, on doit évaluer si le XIU franchira une des deux bornes de la fourchette à partir d’aujourd’hui jusqu’à l’échéance en juin. Si on croit qu’il est probable que le XIU franchisse les limites extrêmes de la fourchette de négociation, alors on est en train de dire que les options XIU sont bon marché. Ou que les options XIU sous-estiment la volatilité future.

De la même façon, si on croit qu’il est peu probable que le XIU bouge au-delà des deux limites de cette fourchette à partir d’aujourd’hui jusqu’à l’échéance en juin, on dit alors que les options XIU sont chères.

On est maintenant positionné pour prendre une décision d’investissement éclairée en utilisant les options. La première étape est de décider si on est haussier ou baissier sur le XIU. Si on est haussier, on peut acheter des options d’achat ou exécuter une stratégie de vente d’options (c.-à-d. vendre des options d’achat couvertes ou vendre des options de vente garanties).

La décision finale dépend de votre prévision quant à savoir si les options XIU sont surévaluées ou sous-évaluées. Si vous êtes haussier sur XIU et que vous pensez que les options XIU sont bon marché en vous servant des techniques mentionnées ci-dessus, alors allez-y, achetez des options d’achat. Si vous pensez que les options XIU sont chères, utilisez une stratégie de vente d’options pour prendre votre position.

Cette deuxième étape du processus décisionnel en matière d’investissement permet de vous assurer d’un plus grand succès dans le marché des options.

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