Un premier trimestre difficile pour les marchés boursiers
- Posté par Richard Croft à 18 janvier 2008 dans Marché des options
Quand on regarde le rendement du marché boursier à la mi-janvier, on est en droit de se demander comment le prix des actions pourrait grimper.
À l’exception de l’or, presque tous les secteurs ont été liquidés. Ça reflète un changement de cap dans l’état d’esprit des investisseurs du scénario ralentissement/récession vers un scénario « cette-fois-c’est-différent ».
Les pertes enregistrées par Citigroup, Merrill Lynch et CIBC au Canada n’aident pas non plus. Et elles justifient une fois de plus les profits extraits de la valeur des titres. En regardant l’abîme, les investisseurs se demandent ce qui redressera la situation.
On sait qu’à la mi-janvier, c’est la peur qui guide le marché. On sait aussi qu’on voit plus clair en étant au bord de l’abîme. Si tout devient plus limpide, l’état d’esprit se recentrera rapidement.
Prenons Citigroup comme exemple. Les investisseurs voient les dépréciations sous l’angle du verre à moitié vide. On pourrait dire que Citigroup a mis tout son linge sur la corde et que ce geste visait à tout divulguer immédiatement pour éviter le pire.
On peut remercier la nouvelle gouvernance de l’entreprise pour ce moment de clarté. Le 11 décembre, Citigroup a nommé Vikram Pandit au poste de chef de la direction et Sir Win Bischoff à titre de président du conseil
Aucun de ces deux hommes n’a eu un rôle à jouer dans la débandade de Citigroup. Alors, leur rôle est clair : communiquer le pire des scénarios, tirer profit des nouvelles pour réduire leurs effectifs et réduire le dividende (Citigroup a réduit son dividende de 14 %, de 54 cents US à 32 cents US par action), trouver de nouvelles sources de capitaux et commencer à nettoyer le bilan financier.
À cette fin, Citigroup a obtenu 12,5 milliards $ US en nouveaux investissements provenant de fonds d’investissement souverains et des actionnaires actuels. De plus, elle a obtenu 6,68 milliards $ US de Government of Singapore Investment Corp. en échange d’une participation de 4 % dans la société.
Les autres investisseurs sont Capital Research Global Investors, Capital World Investors, le Kuwait Investment Authority, le New Jersey Division of Investment, le principal actionnaire de Citigroup Prince Alwaleed bin Talal d’Arabie saoudite, et l’ancien administrateur Sanford Weill et sa fondation familiale.
Citigroup a obtenu 20 milliards $ US de capitaux en deux mois. C’est la même histoire, bien que les chiffres sont inférieurs, avec Merrill Lynch (environ 15 milliards $ US) et CIBC (2,7 milliards $ CAN). Encore une fois, cela démontre la résilience des grosses institutions financières pour avoir accès à des capitaux quand c’est nécessaire.
Janvier constituait fort probablement le mois charnière pour les dépréciations. Il s’est écoulé six mois depuis que le marché des prêts à risque a commencé à dégringoler. Les gestionnaires ont eu amplement de temps pour évaluer leur exposition et la déprécier dans leur comptabilité de l’année dernière.
Ensuite, la Réserve fédérale américaine. M. Bernanke va d’abord vendre sa salade aux marchés et ensuite prendra une action définitive. Au cours des six premiers mois de l’année, la Fed orchestrera trois attaques de pointe coordonnées avec les autres banques centrales. Cela inclut : 1) baisses de taux fréquentes et importantes, 2) ajout de liquidité et 3) intention de persuasion visant à atténuer les restrictions de crédit. L’objectif sera de faire changer l’état d’esprit des investisseurs, pas seulement pour les marchés financiers, mais pour les consommateurs désirant accéder au marché immobilier.
Cela devrait stabiliser le prix des actions. Ça ne stimulera pas la valeur des titres. Quand la peur se transforme en clarté, on commence à se concentrer sur les prévisions de croissance des bénéfices. Et c’est peu probable que ça arrive avant le troisième trimestre. Les marchés boursiers commenceront à s’en apercevoir au deuxième trimestre. Les institutions financières ouvriront ce bal.
Entretemps, nous sommes dans une période où la valeur des actions par rapport aux bénéfices prévus semble plutôt basse. Les primes d’options ont grimpé en résultat à cette incertitude. L’Indice MX de volatilité implicite (MVX) est à 24,75 %.
Le MVX mesure le niveau des primes d’options sur les parts iShares CDN S&P/TSX 60 Fund (symbole XIU). À de tels niveaux, le MVX nous dit que les options sont cher. Et comme le MVX tend à être un baromètre de toutes les primes d’options, il existe de bonnes occasions pour la vente d’options dans le marché. Surtout si vous croyez que les titres canadiens garderont la tête hors de l’eau au cours du premier trimestre.

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