L’or comme assurance?
- Posté par Richard Croft à 17 décembre 2007 dans Marché des options
Faits et mythes sur le prix de l’or
Ceux qui font la promotion de l’or parlent d’un prix dépassant les 2 000 $US l’once. Sur le dos de politiques monétaires faibles qui dévalueront les devises mondiales parce qu’il n’y a pas d’étalon-or pour garantir le papier-monnaie. De quoi être effrayé! Voyons, c’est simplement pour promouvoir l’achat d’or.
Il n’y a pas de lien entre le lingot d’or et le papier-monnaie. Pourquoi attacherait-on la tendance de la croissance économique d’une nation à un métal qui est extrait et monnayé pour profit? C’est comme si vous attachiez la valeur de votre maison, disons, à la valeur de l’asphalte de votre allée. Sans considération pour la tendance démographique, l’emplacement, et l’offre et la demande. Le monde a décroché du régime de l’étalon-or il y a 40 ans. C’était la bonne décision et ce l’est toujours.
En fait, l’or est une classe d’actif qui fluctue généralement de façon anticyclique par rapport à l’économie générale, tout comme le pétrole. Mais contrairement au pétrole, l’or n’influence pas l’activité économique. Il agit comme un baromètre de l’activité économique.
À ce titre, l’or joue un rôle. Une classe d’actif anticyclique variant dans le sens inverse de l’économie générale peut amoindrir les fluctuations à court terme dans un portefeuille. Toutefois, cela en fait un actif négociable, et non, un placement à long terme.
Pour savoir ce qui fait bouger le prix de l’or, ne regardez pas plus loin que le dollar américain. L’or a une corrélation faible et souvent négative à la valeur du dollar américain. Si le dollar américain monte, l’or baissera souvent; quand le dollar américain baisse, l’or monte généralement. Ce qui fait de l’or un excellent outil de gestion pour se couvrir contre une baisse de la valeur du dollar américain.
Le fait que l’or est passé est de 500 $US à 800 $US dans les deux dernières années n’est rien de plus que l’histoire du dollar américain. Dans ce sens, l’or est poussé par les mêmes paramètres qui ont appuyé l’augmentation du dollar canadien. Des paramètres comme la chute du marché immobilier américain, l’impact des prix supérieurs du pétrole sur l’inflation, une récession potentielle causée par les consommateurs américains.
Mais comme protection? Les investisseurs canadiens détenant des bons du Trésor canadiens plutôt que de l’or étaient dans une meilleure situation. Sans mentionner l’intérêt gagné sur la détention de bons du Trésor contre le coût de détenir un lingot d’or.
Quant à l’avenir
Les craintes d’une récession s’intensifient étant donné que certains analystes questionnent sur le succès de la double politique de la Réserve fédérale sur les baisses de taux d’intérêt et l’amélioration de la liquidité. Mais une récession comme telle est peu susceptible de provoquer ruée vers l’or. À moins, comme mentionné ci-haut, que cela entraîne une baisse importante du dollar américain.
Je doute que le dernier scénario soit probable. Pour qu’une récession entraîne une baisse du dollar américain, elle doit être limitée aux États-Unis. Je trouve qu’il est difficile d’imaginer qu’une récession américaine n’ait aucun effet sur le reste du monde.
En revanche, si les États-Unis entrent en récession au moment où l’inflation entre par la porte d’en arrière, cela pose les bases d’une stagflation possible. Ce qui arrive quand une économie ralentit au moment où les prix augmentent. C’est une pensée effrayante parce que c’est le scénario le plus difficile à surmonter. Et à titre d’information, un des meilleurs scénarios pour l’or.
Aussi, je ne fais pas grand cas du début sur l’inflation. La plupart de ceux qui agitent ce spectre montrent du doigt la flambée inflationniste qui a commencé dans les années 70 et s’est terminée au milieu des années 80.
Je crois que cette fois sera différente. Pas à cause des circonstances économiques, mais à cause de la capacité des gestionnaires d’entreprises de réagir plus efficacement aux augmentations de prix dans la chaîne d’approvisionnement.
L’inflation s’est produite dans les années 70 principalement parce que le monde des affaires en Amérique a été pris de court. Au moment où les entreprises détenaient de gros inventaires (ce qu’on ne voit plus aujourd’hui), des augmentations soudaines de prix sur la chaîne d’approvisionnement devaient être transmises. Leur survie en dépendait.
Dans l’économie d’aujourd’hui, l’efficacité au chapitre de la concurrence comme la production au moment opportun rend difficile de transférer les coûts. Aussi, les gestionnaires d’entreprises sont très l’affût des menaces inflationnistes – à moins qu’ils n’aient pas lu de journaux ou écouté un poste de télévision sur la finance depuis 10 ans.
Si vous penchez du côté de la stagflation qui n’obtient pas beaucoup de votes en ce moment, la prochaine question est de savoir comment se protéger : avec de l’or ou avec des titres aurifères? Historiquement, le lingot d’or a une corrélation faible et souvent négative avec les marchés boursiers. Les titres aurifères moins.
Si vous cherchez une protection négociable, le lingot d’or est un meilleur choix. Mais pour la stratégie sur dérivés, les options sur titres aurifères à court terme à parité comme Barrick Gold (Bourse de Toronto : ABX) ou Goldcorp (Bourse de Toronto : G) sont les meilleurs choix.
Mais souvenez-vous, c’est une protection… soyez prêt à entrer et à sortir rapidement.

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