Baisse de taux de la Fed… une bonne ou une mauvaise chose?

Ce n’est jamais facile de comprendre les communiqués de la Réserve fédérale américaine. Du moins, pour ceux qui essaient de fournir des éclaircissements – ce que la Fed tente exactement de l’éviter.

La semaine dernière ne différait en rien. Après la baisse de 50 points de base mardi (haut de la fourchette prévue par les analystes), la Fed a défendu sa position de cette façon : « Le resserrement des conditions de crédit a le potentiel d’intensifier la correction du marché immobilier et de réduire plus généralement la croissance économique. La mesure prise aujourd’hui permettra d’agir afin de limiter les effets néfastes sur l’économie générale que pourraient amener les difficultés des marchés financiers et de favoriser une croissance modérée au fil du temps. »

On dirait… peut-être que la Fed croit maintenant que la liquidité est le seul plus grand risque qui guette la croissance continue. Cela vient du même groupe qui affirmait en début d’année que l’inflation était le plus grand obstacle à la croissance. Au bout du compte, cela pourrait s’avérer très prophétique.

Bien que cette baisse a fait des merveilles pour les marchés financiers américains, cela a été fait sur le dos d’un dollar américain implosant. Pour les investisseurs canadiens, presque tous les gains des dernières semaines ont été effacés par la hausse du huard – lequel a terminé la semaine à parité avec un momentum favorable.

Donc, est-ce que la baisse des taux est une bonne ou une mauvaise chose?

Par le passé, les baisses de taux ont engendré des résultats mitigés dans les marchés financiers. La semaine dernière, j’ai pris note de certains commentaires sur cette baisse de 50 points. Cela est arrivé inopinément en janvier 2001.

Les actions sont montées rapidement… au début. Jusqu’à ce que les investisseurs se rendent compte de la faiblesse du secteur technologique. Plus encore, l’importance des répercussions que cela a eues sur le marché. Le S&P 500 a chuté de plus de 10 % en 2001. Cela a pris 12 baisses au cours des deux années suivantes pour que le marché atteigne finalement son niveau le plus bas.

Cela étant dit, le dossier à plus long terme sur les baisses de la Fed est plus prometteur. Selon Business Week, « en moyenne, le S&P 500 était en hausse de 3,7 % dans les trois mois suivant la baisse initiale et 9,5 % dans les six mois. »

La réponse à la question dépend de notre vision de la baisse de la semaine dernière : était-elle semblable à celle de janvier 2001 ou était-elle dans le même esprit que les baisses traditionnelles qui stimulent l’activité économique et la reprise des marchés boursiers?

Personne ne peut être certain. Mais… quand la Fed pose un geste important d’un seul coup alors que le marché s’attendait à beaucoup moins, cela suggère une inquiétude accrue. Manifestement, ou peut-être pas, la Fed demeure prête à injecter de la liquidité si cela s’avère nécessaire. Donc, plus de baisses de taux.

La clé est de savoir de quelle façon ces baisses affecteront la croissance économique américaine. C’est-à-dire, la croissance réelle ajustée pour tenir compte l’inflation. C’est important de le comprendre parce que des taux inférieurs stimulent théoriquement les dépenses des consommateurs, ce qui favorise à croissance économique. Mais, si en cours de route l’inflation augmente plus rapidement que la croissance nominale, la croissance réelle ralentira. Pas une belle image et une que la Fed essaie d’éviter depuis toujours.

Quand la Fed abaisse les taux et que cela entraîne une baisse du dollar américain, le monde y voit un risque d’inflation. Les États-Unis sont un pays exportateur important et un dollar américain plus faible signifie des prix plus élevés pour les importations, ce qui se traduit par des prix à la consommation plus élevés. Au bout du compte, un ralentissement de la croissance économique réelle – ce qu’on qualifie parfois de stagflation.

  • Share/Bookmark

Ajouter un commentaire

Spam Protection by WP-SpamFree