Écarts créditeurs : risque et rendement
- Posté par Richard Croft à 6 septembre 2007 dans Marché des options
Écarts créditeurs : risque et rendement
Derek soulève un point intéressant qui mérite plus qu’une réponse en une seule ligne (pour voir son commentaire, cliquez ici).
Remarquable son point selon lequel le ratio risque/rendement, dans le billet de la semaine dernière, n’égale même pas 1. Rappelons que le gain maximal d’un écart (ou spread) haussier sur options de vente de Telus – en supposant que le titre demeure dans le haut de sa fourchette de négociation – était le crédit net de 2,50 $. Le risque se chiffrait à 3,50 $ dans le cas où Telus chutait en dessous du prix de levée de l’option de vente achetée. Si le titre baissait, le risque aurait été plus grand que le gain.
Par souci d’équité, Derek souligne aussi, et à juste titre, que le risque et le rendement peuvent ne pas être l’élément moteur pour une position où l’objectif est de détenir un titre. Ce qui était le propos du billet de la semaine dernière.
Cela dit, le ratio risque/rendement est un facteur à considérer si on utilise les écarts comme stratégie de négociation. En fait, le ratio risque/rendement d’un pour un peut être pertinent.
Le problème est qu’on peut obtenir un ratio d’un pour un seulement si on travaille avec des écarts en jeu. Dans un écart créditeur, l’option que l’on vend est en jeu alors que l’option que l’on achète est généralement hors jeu ou, parfois, en jeu.
Pour illustrer ce point, regardons une série d’options à trois mois sur un titre hypothétique XYZ qui se négocie à 100 $ l’action et dont les options indiquent une volatilité de 40 %. Les prix théoriques d’options sont dans la table ci-dessous.
| Options d’achat | Prix de levée | Options de vente | ||
|---|---|---|---|---|
| 14,27 | 90,00 | 3,20 | ||
| 11,12 | 95,00 | 4,99 | ||
| 8,48 | 100,00 | 7,28 | ||
| 6,32 | 105,00 | 10,07 | ||
| 4,62 | 110,00 | 13,31 |
Si le titre est à 100 $, la seule façon d’obtenir un ratio d’un pour un ou mieux est de vendre des options de vente en jeu (prix de levée 105 ou 110) et d’acheter des options de vente à parité ou hors jeu. Mais cela implique que le gain maximal peut être obtenu seulement si le titre augmente. Et c’est là que le bât blesse!
À mon sens, l’objectif dans l’utilisation d’écarts créditeurs (dans l’exemple XYZ on établit un écart créditeur haussier [sur options de vente]) est d’obtenir le profit maximal si le prix du titre demeure inchangé. Ce qui implique la vente d’options de vente à parité et l’achat d’options de vente hors jeu (c.-à-d. vendre le prix de levée 100 et acheter le prix de levée 95 ou 90).
Si on cherche un ratio d’un pour un avec un écart créditeur, alors le titre sous-jacent doit fluctuer… à la hausse pour un écart créditeur sur options de vente ou à la baisse pour un écart créditeur sur options d’achat. Si c’est ce à quoi l’on s’attend, alors pourquoi ne pas simplement acheter l’option d’achat ou de vente et obtenir la pleine valeur pour la variation.
C’est juste une idée!

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