À court terme, une question de synchronisme
- Posté par Richard Croft à 23 août 2007 dans Marché des options
À long terme… inquiétude
Négociateurs d’options à court terme, cette crise de liquidité est juste une question de timing. S’il existe des avantages à retirer des fluctuations à court terme, à quel moment les investisseurs haussiers ou les spéculateurs interviendront-ils?
La prochaine phase dépend de la gravité probable de la crise. Cela sera déterminé par l’impact de la détérioration des conditions de financement sur les dépenses des consommateurs. Si les propriétaires américains commencent à se désendetter (c.-à-d. rembourser leur hypothèque), ils réduiront leurs dépenses – ce qui, dans une économie axée sur la consommation, aura des répercussions importantes sur la croissance du PIB américain.
Il est peu probable qu’il y ait d’autres hausses de taux d’intérêt cette année. Des deux côtés du 49e parallèle. En fait, on pourrait avoir des réductions de taux cet automne, ce qui pourrait ou non stimuler les marchés. Habituellement, des taux plus faibles sont une bonne chose, mais si le marché y voit des craintes, attention!
Attendez-vous à ce que la Fed abaisse ses taux. Des analystes sous-entendent que ça pourrait être de 50 à 75 points de base. Selon mois, le scénario le plus probable est le bas de la fourchette, possiblement deux baisses de 25 points de base.
Quand elle fixera les taux en septembre, comptez sur la Banque du Canada (BdC) pour suivre les traces de la Fed. Si la BdC suit au même rythme, le dollar canadien sera probablement à 95 cents US. Sinon, attendez-vous à ce que le dollar canadien soit à parité avec le dollar américain d’ici la fin de l’année.
Je soulève ce point parce que cela a des conséquences à court et à moyen terme pour les investisseurs canadiens. Au fur et à mesure que le marché traverse la crise, il y aura peut-être des occasions pour l’achat d’options de vente à court terme. La position de la BdC sur les taux d’intérêt en septembre aidera beaucoup à déterminer s’il y aura des occasions d’achat pour les haussiers. Ou plus précisément, si les investisseurs canadiens devraient ou non acheter des actifs hors du Canada.
C’est donc dire qu’après la reprise, devriez-vous acheter les banques d’investissement sous-évaluées américaines ou les banques sous-évaluées canadiennes? Le principal point à souligner, si et quand cette crise sera résolue, tant les banques américaines que les banques canadiennes feront monter le marché.
Quand viendra la reprise? Référez-vous à la crise précédente qui a duré entre trois et six mois. En 1997, quand le Long Term Capital Hedge Fund (LTC) s’est effondré, les effets mirent trois mois à se dissiper. Mais la dégringolade de LTC résultait d’une crise de crédit à l’étranger en Russie, et non le résultat d’un effondrement du crédit intérieur. En passant, les problèmes de LTC, bien que n’étant pas la cause, précédaient la crise en Asie l’année suivante.
Un autre problème qui aura des répercussions à plus long terme découle de la perception des investisseurs sur la façon dont la crise a été gérée. Si le marché croit que les banques centrales seront toujours là pour soutenir les placements à haut risque, alors ces placements seront toujours exploités. Ce qui signifie que le pansement mis aujourd’hui aura des répercussions sérieuses dans l’avenir.
Tout d’abord, cela est inflationniste. Ensuite, cela agit sur la mentalité de ceux qui exploiteront la prochaine vague parce qu’ils croiront qu’à la fin de chaque bulle, il y a une banque centrale avec une marmite d’or.
À mon avis, si on est capable d’éviter la crise – ce que je crois que nous ferons – cela nous conduira directement vers une autre crise. Tout comme le sauvetage de LTC nous a entraînés dans la crise en Asie; qui nous a entraînés dans la crise des technos; qui, en retour, nous a entraînés dans la crise des prêts hypothécaires.
Ce qui est encore plus troublant, comme les dix dernières années l’ont démontré, c’est comment cette approche dans la gestion des crises a réduit le temps entre chacune. Ce qui signifie qu’à un moment donné, l’approche actuelle de gestion de crise peut ne plus fonctionner. Au bout du compte, cela détruira la relation fondamentale entre le risque et le rendement, la base même sur laquelle la gestion des placements repose.
Pour les investisseurs à long terme, la solution à plus long terme n’est pas d’essayer d’anticiper ce revirement, mais plutôt de construire un portefeuille qui survivra au pire des cas. Et les options peuvent jouer un rôle important dans ce modèle.

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