Le bébé et l’eau du bain

Tous les gains de l’année en cours sur le marché boursier canadien ont été résorbés en trois semaines. On entre officiellement dans un marché baissier. Du moins, si on croit à la règle
du 10 % comme ligne de démarcation officielle entre un marché haussier et un marché baissier. Tout cela à cause des craintes entourant les prêts hypothécaires à risque.

Comme toujours, les craintes nous poussent à prendre les mauvaises décisions exactement au mauvais moment. On n’a qu’à regarder les spéculateurs qui se dirigent en masse vers les sorties. Ce qu’on ne peut décrire que comme un carnage de haut et de bas prononcés.

Le problème est que les investisseurs jettent le bébé avec l’eau du bain. Les sociétés qui n’ont rien à voir avec la crise du crédit hypothécaire sont vendues massivement dans un vent de panique, un exemple typique de bateaux qui s’échouent avec la marée.

Pour moi, c’est l’occasion d’acheter. Ça devrait l’être pour vous aussi! Surtout du côté des institutions financières qui, selon moi, seront bien placées lors de la reprise du marché.

Les banques le disent, et surtout font la bonne chose. Elles injectent toutes des liquidités sur le marché. Les grandes institutions financières aussi.

Par exemple, remarquez l’annonce aujourd’hui d’un consortium de grandes caisses de retraite disant qu’elles restructureront leur émission de papier commercial. Ces produits sont des billets de trésorerie de qualité dont la maturité est inférieure à un an. Comme on nage en pleine crise de liquidité, personne n’est disposé à acheter ce papier soi-disant de bonne qualité. Alors, elles le convertiront en obligations à terme à taux variable.

Comme ce marché reprendra, les principaux acteurs (ce consortium contrôle 70 % de ce marché) ont décidé de conserver le papier plutôt que d’essayer de le refinancer. Le refinancement se produit lorsque les institutions vendent le papier qui vient à échéance pour financer l’achat de nouveaux billets à court terme. La conversion en taux variable élimine le besoin de refinancement.

Au même moment, ces institutions ont encouragé les agences de cotation, qui étaient à la même réunion, à maintenir la qualité du crédit. Elles croient, comme moi, que tôt ou tard le marché s’en remettra. Probablement grâce à la baisse des taux par les banques centrales mondiales. En gros, les principaux joueurs y voient un phénomène à court terme, malgré la crainte qui envahit actuellement les spéculateurs.

Si les institutions ont raison, les marchés se stabiliseront et, éventuellement, cela donnera confiance aux investisseurs quant à l’attrait des banques canadiennes. Évidemment, cela ne se produira pas du jour au lendemain. Mais comme les banques obtiennent maintenant des rendements entre 3,5 % et 4 %, vous serez bien payé pendant que vous attendez. La Banque de Montréal est particulièrement attrayante sous l’angle de la trésorerie, avec un taux de rendement de son titre à 4,4 %.

La vente d’options d’achat couvertes, comme j’en ai parlé la semaine dernière, est extrêmement tentante. Tout comme la vente d’options de vente garanties. En fait, avec les prix actuels, vous pourriez évaluer la vente d’options de vente septembre ou octobre sur les banques canadiennes en utilisant des options à parité. Avec l’intention d’acheter, si les options de vente sont assignées, à un prix très avantageux.

Pour moi, il s’agit de « sauver le bébé de l’eau du bain ».

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