Excellence ou perfection

Les investisseurs ne voient pas d’un très bon œil les surprises. Parlez-en aux actionnaires de la Banque Royale et de la CIBC. Il y a deux semaines, la Royale a annoncé d’excellents gains bien qu’ils sont un peu inférieurs aux prévisions. Le résultat : les investisseurs ont fait tomber de 3 % la valeur du titre. Les mêmes résultats s’appliquent à la CIBC, même si la banque a dépassé ses prévisions, elle n’a pas atteint le résultat chuchoté. Le titre de la CIBC est tombé de 6 %.

Les actions ont chuté encore plus sur des rumeurs de hausses possibles de taux d’intérêt. Sans compter l’impact qu’un dollar canadien fort peut avoir sur les opérations à l’étranger. Les analystes supposent qu’un huard fort aura un impact négatif très important pour la Banque de la Nouvelle-Écosse à cause de leur opération en Amérique latine.

À mon sens, il faut se questionner sur la façon dont les investisseurs évaluent les titres bancaires. Est-ce qu’ils les évaluent selon la perfection ou selon l’excellence? Si on se fie à la baisse du titre de la Royale et celui de la CIBC, il semble que les premières réactions favorisent le scénario de la perfection.

Il ne fait aucun doute que les C/B des banques canadiennes sont dans la partie supérieure de la fourchette des gains. C’est peut-être trop haut s’ils se laissent obnibuler par la remontée du dollar canadien. En admettant qu’ils n’aient rien fait pour protéger leur exposition aux marchés étrangers.

Du côté positif, quiconque détenant des titres financiers a obtenu des gains décents depuis le début de l’année. Au cours des deux dernières semaines, la Banque de la Nouvelle-Écosse a annoncé une augmentation de 7 % de son dividende alors que Manulife a augmenté son dividende de 10 %.

En février et début mars, la Banque de Montréal a augmenté son dividende de 4 %, la CIBC de 10 %, la Great West Lifeco de 6 %, la Sun Life de 6 %, la Toronto Dominion de 10 % et la Banque Royale de 15 %. Est-ce que les investisseurs devraient plutôt se concentrer sur cet aspect que sur la fluctuation du cours des actions?

Mais ne vous y trompez pas, une augmentation de dividende est la meilleure façon de juger l’optimisme d’une administration. Étant donné qu’aucune administration ne veut réduire son dividende, cela sous-entend une croissance continue du cours de l’action des banques canadiennes.

La question est à quel rythme?

Comme la plupart des décisions en matière d’investissement, la décision d’acheter, de vendre ou de conserver les titres bancaires dépend de nos impressions. Étant donné les dernières retombées, je dirais que les banques sont évaluées pour leur excellence. C’est un gros obstacle, mais je crois qu’elles peuvent le surmonter.

Fait intéressant, malgré la récente liquidation des titres bancaires, les options sont demeurées dans la partie inférieure de leur fourchette de volatilité implicite. Cela signifie que l’achat d’options d’achat semble intéressant, surtout des options d’achat à court terme en jeu (c.-à-d. une échéance en juillet ou en août).

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